Sur la route.

Revenir ici, c’était l’aboutissement d’un travail de longue haleine.. Dès les premiers jours qui suivirent l’effondrement du puits d’accès, en 2001, un projet de secours devait être mis en place. Des membres du Club de Milan étaient restés coincés à Ar’nagen, et sans approvisionnement, sans ventilation, leurs vies étaient désormais en danger. Mais rapidement, il apparut que les techniques de l’époque ne permettraient pas de stabiliser suffisamment la voûte de la grotte pour pouvoir y redescendre sans courir de risques. De plus, lorsque les rescapés bloqués décidèrent de tenter une expédition vers l’ouest et une possible sortie dans le nord du Canada, tout contact fut perdu, et le projet, un des seuls échecs du Club, fut enterré. Contre l’avis de quelques membres qui s’étaient impliqués plus que les autres dans Kosua, parmi lesquels Frantz, Amy, Simon, Ahayo, et moi.

Il fallut des années pour que notre groupe puisse ramener cette discussion sur le tapis. Des années de préparation, de réunions officieuses, de négociations acharnées, pour mettre au point un dossier impeccable, à soumettre à l’ensemble des membres décideurs. Un projet particulièrement construit, sans failles, applicable immédiatement, et pleinement rentable pour le Club. Les débats durèrent deux ans ; tout fut examiné : coût des installations, équipes d’intervention, apport pour l’image du Club de Milan, nombre de responsables, missions principales, procédures de sécurité. Et enfin, fin 2010, l’opération TRISPA (Tentative de Restauration des Infrastructures Sécurisées de la Péninsule d’Akabar) put débuter.

Plusieurs missions devaient être accomplies. Tout d’abord, établir des relevés précis en chaque point de la péninsule, pour modéliser avec précision le sous-sol rocheux. Puis choisir une nouvelle zone d’installation pour y construire les infrastructures de surface. Le fonctionnement de l’ascenseur est aussi complètement revu, afin de permettre un accès plus rapide à la grotte. Enfin, consolider la voute rocheuse, finir de combler l’ancien puits, et en forer un nouveau, plus sûr. Alors seulement, le Club pourra revenir à Kosua.
Les travaux dureront plus d’un an et demi, et constitueront la plus grande entreprise jamais menée par le Club de Milan. Près de cent vingt personnes participeront à la reconstruction, préparant tous les détails de l’opération à venir. De nombreuses difficultés apparurent en cours de route : la zone initiale d’installation s’étant affaissée, il fallu de nouveau relocaliser les bâtiments, et les consolidations s’avérèrent plus complexes que prévu. Le climat aussi compliqua singulièrement la tâche de l’équipe, et les constructions accumulèrent de nombreux retards dus aux intempéries. Mais enfin, les fondations du nouveau complexe de surface furent posées, et le forage du nouveau puits commença.

Le nouvel ascenseur devait déboucher en plein coeur de la ville, près d’un des jardins de quartier, ceci afin de pouvoir rapidement évaluer les dégâts, et pour garantir un accès facile aux anciennes installations souterraines, notamment les générateurs auxiliaires. Il n’est plus placé sur rails, mais fonctionne grâce à un treuil puissant installé à la surface, en haut d’une tourelle. Le bâtiment est construit sur plusieurs étages autour de cette tour, permettant d’y accéder facilement. Les installations extérieures serviront à l’archivage des données, et pour accueillir les visiteurs autorisés par le Club.

“Lorsque tout fut prêt, nous descendîmes.”

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